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Chine et contrôle mental – Armes à impulsions électromagnétiques

28 Sep

L’article suivant, de Nicole HAO,  a été présenté sur la News letter de PACTS International  du 27 septembre 2019. 

La  rapide traduction  proposée  ici , est faite sans autorisation et pourra être supprimée à la demande . 

Les termes surlignés sont un choix personnel.

Le texte original se trouve à :

https://www.theepochtimes.com/in-china-thousands-exposed-to-mind-control-technology-seek-answers_3086015.html

 

Des milliers de Chinois exposés à la technologie de «contrôle mental»

cherchent des réponses

Cette  technologie cachée reste secrète, mais des dizaines de milliers de Chinois affirment avoir souffert de ses effets néfastes.

À travers des forums en ligne, beaucoup ont expliqué comment ils avaient soudainement éprouvé des symptômes de modification de leurs mental  , comme entendre des voix ou voir des images  inaccessibles aux  autres . Ils pensent avoir été ciblés par les autorités en tant que sujets de test involontaires d’une «technologie de contrôle mental».

Les symptômes sont similaires à ceux rapportés par plusieurs diplomates américains travaillant au consulat américain de la ville de Guangzhou, dans la province chinoise du Guangdong. Ils ont dit avoir entendu des sons «anormaux» et ressenti des sensations de pression atmosphérique. Par la suite, ils ont montré des signes de «lésion cérébrale traumatique légère».

Jinnie Lee, porte-parole de l’ambassade américaine à Pékin, a déclaré à l’Associated Press  qu’ un employé du gouvernement américain avait fait état de divers symptômes physiques entre fin 2017 et avril 2018.

À l’époque, le département d’État américain avait annoncé qu’il enquêterait sur l’incident, soulignant des similitudes avec un  incident survenu en  2017. 

Une quarantaine de diplomates de l’ambassade américaine à La Havane (Cuba) ont également déclaré être tombés malades après avoir entendu un son inhabituel. Cela a conduit à la spéculation qu’ils ont été attaqués par une arme sonique ou électromagnétique.

Des scanners cérébraux du personnel de l’ambassade des États-Unis à Cuba ont révélé des anomalies dans le tissu cérébral, a rapporté le Guardian en juillet.

Les attaques

Une ONG basée en Chine, dont le nom  peut se traduire par « Contrer toute technologie de contrôle caché «  , a été créée pour aider les victimes de telles attaques à engager des poursuites contre les autorités locales.

Epoch Times, journal  en langue chinoise, a interrogé plusieurs victimes ainsi que le représentant de l’ONG, pour connaître  leurs expériences.

Un homme qui utilise le nom de famille Zhong – pour se protéger des représailles du régime chinois – a réuni  des victimes pour intenter des poursuites contre 24 gouvernements provinciaux depuis 2016, ainsi que six poursuites au niveau national depuis 2017.

Zhong a déclaré que les victimes venaient de différents , milieux social, intellectuel et professionnel , dans toutes les tranches d’âges,  et qu’elles venaient de toute la Chine. C’est ce qui l’a amené à croire que les gouvernements provinciaux participent chacun à leur propre test de «contrôle mental».

Les victimes ont signalé des symptômes similaires depuis les années 1980. Pendant des décennies, les victimes ont ressenti une détresse mentale et physique. Certaines ont choisi de se suicider pour échapper à ce  supplice, mais les tribunaux locaux ont refusé d’entendre les plaintes des victimes. En conséquence, beaucoup  d’entre elles sont confinées dans des hôpitaux psychiatriques.

Zhong a  aussi déclaré que dans le but de le faire taire, les autorités l’ont également forcé à entrer dans un hôpital psychiatrique.

Li Da, ingénieur et ancien directeur général adjoint de la société Taidao , d’ingénierie de contrôle de Shanghai , a  également déclaré être une  victime de « la technologie de contrôle mental ». Il a raconté au journal de langue chinoise, Epoch Times , qu’au début de l’année 2015, de nombreuses victimes ont posté des messages  pour partager leurs expériences sur le  site «  forum de  contrôle mental global » 

Quand ce site a été censuré et fermé en 2017, il comptait plus de 70.000 membres qui témoignaient  et racontaient leurs symptômes , à découvert sous leur véritable nom et avec leurs coordonnées.

Symptômes

Un homme originaire de Pékin, Wang, ancien directeur de la division sportive d’un grand groupe de médias chinois, a déclaré au journal  Epoch Times en langue chinoise que, vers 2016, il avait commencé à entendre des bruits parasites chaque fois qu’il décrochait son téléphone, y compris lors d’appels téléphoniques avec sa mère qui vivait  aux États-Unis.

« J’entendais sans cesse une troisième personne me parler [pendant les appels téléphoniques] », a déclaré Wang.

Au début, Wang pensait que son audition avait un problème . Il est allé voir un  médecin, qui  a  déclaré que son audition était bonne.

Finalement, Wang a commencé à entendre des voix. «Tout ce que j’avais dans la tête, cette voix était capable de le verbaliser. De plus, j ‘étais le seul à  l’entendre . « 

Puis la situation a empiré.«Elle  te suit tout le temps, comme ton ombre. … La voix peut connaître vos pensées et vos souvenirs personnels, y compris vos faiblesses, vos lacunes et vos manquements divers . Ensuite, il [la voix] profiterait de cette connaissance pour vous humilier, vous mépriser et vous punir et aller à l’extrême dans les attaques verbales.  »

Wang a essayé d’en trouver la source.

«Lors d’une expérience, je suis resté dans une pièce et j’ai utilisé des plaques de métal pour imprimer les journaux [pouvant bloquer les ondes électromagnétiques] afin de recouvrir les murs, le plafond et le sol. Dans cette pièce fermée, j’ai trouvé que… la voix dérangeante ne pouvait plus lire dans mes pensées ».

La voix a également interféré avec sa vie quotidienne.

«Je m’endormirais inévitablement si je conduisais plus de 10 minutes. Ce n’était pas un sommeil profond, mais un état de quasi-sommeil, et que je ne maitrisait pas du tout », a déclaré Wang. Il a été impliqué dans quatre accidents de voiture en moins d’un an.

Cela a convaincu Wang que la voix était contrôlée par une personne effectuant une expérience de «contrôle mental».

Wang a dit qu’il avait contacté un ami qui était un haut responsable du parti communiste chinois. Cet ami lui a confirmé: «Il existe une technologie de contrôle mental, et notre gouvernement la traite avec sérieux. »

Il pense avoir été pris pour cible par les autorités car sa sœur est une experte en technologie aux États-Unis. Il a refusé de se soumettre aux pressions du gouvernement pour convaincre sa sœur de fournir des secrets commerciaux à Pékin, a-t-il déclaré.

D’autres personnes qui cherchaient  de l’aide auprès de l’ONG ont raconté des expériences similaires.

Yao Duojie, ancien directeur d’un hôtel cinq étoiles à Shenzhen, a déclaré à Epoch Times , que depuis 2007, il avait été dérangé par des voix étranges, ainsi que par des messages irritants et terrifiants qu’on lui mettait sous les yeux.

«Peu importe ce que je pense, peu importe ce que je fais ou ce que je vois, la voix le verbalisera. Quelque temps plus tard, il y avait  eu aussi des messages intimidants, disant que quelqu’un allait me tuer ou m’arrêter. À un stade ultérieur, dès que je fermais les yeux, des images désagréables apparaissaient [dans mon esprit]. J’ai  ainsi vécu jour après jour dans la terreur. Je sentais que ma situation ressemblait à celle d’un malade mental », a déclaré Yao.

Selon les autorités chinoises

Les autorités chinoises ont reconnu l’existence de cette technologie, mais uniquement pour expliquer que d’autres gouvernements avaient mené des expériences dans ce domaine.

En précisant «Que les sujets sélectionnés secrètement  peuvent se trouver soient dans une résidence privée, un espace public, un environnement industriel ou un moyen de transport public ou privé, et  peuvent être affectés par les stimuli chimiques et biologiques émis par cette arme mystérieuse»,. Cela avait été   rapporté par  la télévision publique chinoise Central Television en  2008 , qui avait précisé «Après une longue période, les sujets du test deviendront socialement isolés et  leur immunité diminuera, entraînant diverses maladies et même la mort.»

Dans  le journal populaire du Quotidien du Parti communiste chinois, publié en mai 2012, le porte-parole du Parti communiste chinois avait ajouté : «Les soldats qui ont été attaqués par de telles armes ont changé de comportement et sont devenus des« zombies »faciles à contrôler. On peut leur ordonner d’éteindre le moteur d’un char ».

Le rapport ajoute que la technologie de «contrôle mental» peut amener les soldats à se tuer.

La technologie

Il existe peu de recherches scientifiques sur ce type de technologie. Mais l’imagerie par satellite confirme que le régime chinois a développé des installations de test d’armes à impulsions électromagnétiques (EMP).

En janvier, une étude du Congrès américain sur les armes «EMP nucléaires» développées par la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord a été déclassifiée et publiée, offrant ainsi un meilleur aperçu des armes EMP qui peuvent paralyser les infrastructures.

Une ONG chinoise a publié en février un rapport sur la technologie du «contrôle mental», après que les personnes touchées aient mené leurs propres recherches.

Un responsable militaire basé dans la ville de Xuzhou, province du Jiangsu, impliqué dans le développement d’une technologie de «contrôle mental» a déclaré à l’ONG en juin que le régime chinois avait une machine «qui peut interférer ou attaquer le cerveau d’une personne à partir de milliers de kilomètres [1 km = environ 0,62 mille]. Il peut connecter le cerveau de la personne, contrôler son intention, contrôler son système nerveux autonome et même arrêter les battements de son cœur », a déclaré le responsable.

L’étude des ONG a conclu que la machine mentionnée par le responsable était probablement capable d’émettre des ondes électromagnétiques aux mêmes fréquences qu’un cerveau humain.

Selon l’étude, l’appareil peut émettre une onde électromagnétique qui imite les fréquences humaines réelles de la personne cible, créant un faux sentiment ou une hallucination, ou contrôlant les fonctions corporelles du sujet.

Yi Ru a contribué à cet article

 

 

Neuro-technologie et droits de l’humain

30 Juin

La traduction suivante  est faite sans autorisation et pourra être enlevée à la demande. 

Les images ajoutées et les phrases surlignées sont un choix personnel.

Ce texte traduit,   concerne une proposition de loi sur les droits de l’humain , dans le contexte  actuel d’évolution rapide des neuro-technologies invasives. 

Certaines de ces  neuro-technologies concernent  directement les individus ciblés par le harcèlement électronique et  dont une des conséquences est la modification induite  de l’état cognitif et du comportement.

Pour les lecteurs pressés, il y a la possibilité de filer directement à la lecture des conclusions qui rappelle ce que sont les droits absolus qu’aucun Etat qui a signé les conventions et chartes relatifs aux droits de l’humain, n’a le droit d’ignorer et de ne pas respecter.

Le texte traduit relatif aux droits humains neuro-spécifiques vient du site PACTS INTL et  se trouve en anglais à : Neuro-specific Human Rights Bill Proposed

Ce texte est co-écrit par les Dr Roberto ANDORNO  et Dr Marcello LENCA

On trouve des informations  de et sur ces deux spécialistes  à :

https://www.ibme.uzh.ch/en/Biomedical-Ethics/Team/Members/Roberto-Andorno.html

https://fairgaze.com/FGNews/experts-warn-future-tech-could-restrict-freedom-of-mind_61211.html

Le texte traduit  précise que les propositions relatives aux droits  neuro-spécifiques  de l’humain ont été faites par le  Dr. Marcello Lenca et le Dr Roberto Andorno.

 Des extraits de ces propositions  peuvent être consultés à  https://lsspjournal.biomedcentral.com/articles/10.1186/s40504-017-0050-1 ont été utilisés pour promouvoir de nouveaux droits de l’humain.

Proposition de droits   neuro-spécifiques de l’humain

Les progrès rapides en neuroscience humaine et en neuro-technologie ouvrent des possibilités sans précédent pour accéder, collecter, partager et manipuler des informations provenant du cerveau humain. De telles applications soulèvent d’importants défis quant aux principes des droits de l’humain, qui doivent être résolus pour éviter les abus ou les conséquences néfastes  imprévues. Cette proposition évalue les implications des nouvelles applications en neuro-technologie dans le contexte des droits de l’humain et suggère que les droits de l’humain existants ne suffisent pas pour répondre à ces problèmes émergents. Après avoir analysé la relation entre neurosciences et droits de l’humain, nous avons identifié quatre nouveaux droits  neuro-spécifiques qui seront essentiels pour protéger le cerveau humain: le droit à la liberté cognitive, le droit à la vie privée mentale, le droit à l’intégrité mentale, et le droit à la continuité psychologique.

Le droit à la liberté cognitive

Le droit des individus à utiliser les neuro-technologies émergentes ainsi que la protection des individus contre l’utilisation coercitive et non consentie  de telles technologies. Le droit et la liberté de contrôler sa propre conscience et ses processus de pensée électrochimiques constituent le substrat nécessaire pour presque toutes les autres libertés. La liberté cognitive est nécessaire à toutes les autres libertés, car c’est leur substrat neuro-cognitif. En tant que telle, la liberté cognitive ressemble à la notion de «liberté de pensée» qui est généralement considérée comme la justification essentielle d’autres libertés telles que la liberté de choix, la liberté de parole, la liberté de presse et la liberté de religion. La liberté cognitive est une mise à jour conceptuelle de la liberté de pensée qui prend en compte le pouvoir que nous avons maintenant  et que nous aurons de plus en plus  de surveiller, manipuler et modifier les fonctions cognitives  Certains juristes tels que Boire et Sententia ont interprété le droit à la liberté cognitive en mettant un accent particulier sur la protection de la liberté individuelle et l’autodétermination de la part de l’État. Par exemple, Sententia a affirmé que «l’État ne peut pas manipuler de force les états mentaux, et implicitement les états cérébraux de citoyens individuels».

Compte tenu de sa complexité conceptuelle, la liberté cognitive est multidimensionnelle. Bublitz reconnaît au moins trois «dimensions interdépendantes mais non identiques». Il s’agit: (i) de la liberté de changer d’avis ou de choisir les moyens de changer d’avis; (ii) la protection des interventions dans d’autres esprits pour protéger l’intégrité mentale, et (iii) l’obligation éthique et légale de promouvoir la liberté cognitive. Ces trois dimensions font de la liberté cognitive un droit complexe qui implique les conditions préalables des libertés négatives et positives: la liberté négative de choisir son propre domaine cognitif en l’absence d’obstacles, de barrières ou d’interdictions gouvernementaux ou non gouvernementaux; la liberté négative d’exercer son propre droit à l’intégrité mentale en l’absence de contraintes ou de violations de la part de sociétés, d’agents criminels ou du gouvernement; et enfin, la liberté positive d’avoir la possibilité d’agir de manière à prendre le contrôle de sa vie mentale.

Le droit à la vie privée mentale

La reconnaissance formelle d’un droit à la vie privée mentale, qui vise à protéger tout élément ou ensemble d’informations cérébrales relatives à une personne, enregistrées par un appareil neural. Ce droit protégerait les ondes cérébrales non seulement en tant que données, mais également en tant que générateurs de données ou sources d’informations. En outre, cela couvrirait non seulement les données du cerveau conscient, mais également celles qui ne sont pas sous contrôle volontaire et conscient. Enfin, il garantit la protection des informations du cerveau en l’absence d’un outil externe d’identification et de filtrage de ces informations. Paul Wolpe a suggéré qu’en raison des craintes d’oppression exercée par le gouvernement, nous devrions tracer une ligne claire autour de l’utilisation des technologies de lecture de l’esprit:

«Le crâne devrait être désigné comme un domaine de confidentialité absolue. Personne ne devrait pouvoir sonder l’esprit d’un individu contre son gré. Nous ne devrions pas le permettre avec une ordonnance du tribunal. Nous ne devrions pas le permettre pour la sécurité militaire ou nationale. Nous devrions renoncer à l’utilisation de la technologie dans des circonstances coercitives, même si son utilisation peut servir le bien public »

De même, J Stanley a fait valoir que «la lecture mentale non consensuelle n’est pas une activité dans laquelle nous ne devrions jamais nous engager». L’argument est que les techniques de lecture de l’esprit constituent «un affront fondamental à la dignité humaine». Par conséquent, « nous ne devons pas laisser les principes de la vie privée de notre civilisation se dégrader autant que de tenter de passer à côté de la volonté d’une personne contre sa volonté ne sera jamais considéré comme acceptable ». En bref, le droit à la vie privée mentale vise à protéger les personnes contre l’accès à leurs informations cérébrales et à prévenir les fuites aveugles de données cérébrales dans l’infosphère.

Le droit à l’intégrité mentale

Ce droit reconceptualisé devrait fournir une protection normative spécifique contre les interventions susceptibles d’activités neuro-technologiques impliquant la modification non autorisée du calcul neural d’une personne et pouvant entraîner un préjudice direct à la victime. Pour qu’une action soit considérée comme une menace pour l’intégrité mentale, elle doit: (i) impliquer l’accès direct et / ou la manipulation à la signalisation neuronale (ii) être non autorisée – i.e. doit avoir lieu en l’absence du consentement éclairé du générateur de signaux. À mesure que la neuro-technologie devient partie intégrante de l’écosystème numérique et que le calcul neuronal entre rapidement dans l’infosphère, l’intégrité mentale des individus sera de plus en plus menacée si des mesures de protection spécifiques ne sont pas mises en œuvre. L’intrusion et la modification forcées des processus neuronaux d’une personne constituent une menace sans précédent pour son intégrité mentale.

Le domaine en expansion de l’ingénierie de la mémoire représentera probablement un défi majeur pour le droit à l’intégrité mentale. Plusieurs techniques ont été développées pour créer, amplifier ou effacer de manière sélective les souvenirs de l’esprit d’une personne. Par exemple, Nabavi et ses collègues ont utilisé une technique d’optogénétique pour effacer puis restaurer des mémoires sélectionnées en appliquant un stimulus via un laser optique qui renforce ou affaiblit sélectivement les connexions synaptiques. Ces résultats pourraient présenter un potentiel considérable pour le traitement de maladies telles que la maladie d’Alzheimer et le SSPT. Dans le même temps, toutefois, l’utilisation abusive de ces techniques par des acteurs malveillants peut générer des opportunités sans précédent de manipulation mentale et de lavage de cerveau. Sur le scénario à long terme, ils pourraient être utilisés par les agences de surveillance et de sécurité dans le but d’effacer sélectivement les souvenirs dangereux ou gênants du cerveau des gens, comme  cela est décrit dans le film Men in Black avec le soi-disant neuralyzer. Les motivations potentielles de l’altération illicite de la mémoire sont diverses, notamment le renforcement de la sécurité nationale ou l’exercice d’un contrôle sur des individus ou des groupes.

Le droit à la continuité psychologique

Le droit à la continuité psychologique peut être considéré comme un exemple particulier du droit à l’identité, axé sur la neuropathie. Ce que le droit à la continuité psychologique vise à prévenir est l’altération induite du fonctionnement des neurones. Le droit à la continuité psychologique protégera les substrats mentaux de l’identité personnelle,  des altérations inconscientes et non consenties par des tiers,  grâce à l’utilisation de neuro-technologies invasives ou non invasives.

Outre la protection de la vie privée et l’intégrité mentale, les utilisations inadéquates de la neuro-technologie émergente peuvent compromettre la perception que les personnes ont de leur propre identité. Les modifications de la fonction cérébrale provoquées par la stimulation cérébrale peuvent également entraîner des modifications involontaires de l’état mental critique pour la personnalité, ce qui peut affecter l’identité personnelle d’un individu. En particulier, il a été observé que la stimulation cérébrale pouvait avoir un impact sur la continuité psychologique de la personne, c’est-à-dire l’exigence cruciale de l’identité personnelle consistant à se percevoir comme persistant dans le temps en tant que même personne. Plusieurs cas scientifiques ont été rapportés dans lesquels la stimulation cérébrale profonde (DBS – deep brain stimulation)) a conduit à des changements de comportement tels qu’une impulsivité et une agressivité accrues ou des modifications du comportement sexuel. Une étude portant sur des patients traités par DBS a montré que plus de la moitié d’entre eux exprimaient un sentiment d’étrangeté et de méconnaissance d’eux-mêmes après l’opération: «Je ne me sens plus comme moi»; “Je me sens comme un robot”. Parallèlement, les technologies d’ingénierie de la mémoire peuvent avoir un impact sur l’identité d’une personne en supprimant, modifiant, ajoutant ou remplaçant de manière sélective des mémoires individuelles utiles à sa reconnaissance de soi en tant que personne.

Cependant, les menaces à ce droit sont plus susceptibles de se produire en dehors des paramètres cliniques. Par exemple, dans le contexte des services de renseignement et des agences militaires, il a été signalé qu’au cours des dernières décennies, des violations des droits de l’humain ont été commises lors d’expériences impliquant des implants cérébraux, l’administration de drogues, la thérapie par choc électromagnétique, la privation sensorielle, l’isolement, les atteintes physiques, psychologiques, abus verbaux et sexuels, l’hypnose, la tentative de création de candidats mandchous, l’implantation de faux souvenirs et l’induction de l’amnésie. La plupart de ces expériences ont été menées sur des civils inconscients et sans défense et en l’absence de tout examen ou représentation externe des sujets expérimentaux ou de tout suivi utile. Les nouvelles connaissances et technologies dans le domaine des neurosciences offrent clairement des possibilités nouvelles et plus efficaces pour effectuer des changements de personnalité non consentis. Pycroft, par exemple, a récemment fait part de son inquiétude quant à la possibilité que des implants cérébraux tels que DBS soient exposés aux attaques de tiers désireux d’exercer un contrôle malveillant sur l’activité cérébrale des utilisateurs. Ils ont appelé ce risque de modification de l’activité cérébrale d’une personne par l’utilisation non autorisée de dispositifs neuro par des tiers le «détournement de cerveau».

Les conséquences négatives du détournement de cerveau comprennent (i) le vol d’informations, ce qui entraînerait une violation du droit à la vie privée mentale; (ii) la cessation de la stimulation, l’épuisement des batteries des implants, la détérioration des tissus et la dégradation de la motricité, ce qui entraînerait des violations du droit à l’intégrité mentale. Cependant, certaines conséquences possibles de détournements de cerveau, telles que l’altération du contrôle des impulsions, la modification des émotions ou des affections, l’induction de douleur et la modulation du système de récompense pourraient être appliquées même en l’absence de violation de la vie privée et de l’intégrité mentales. Dans ces circonstances de modification non autorisée de la dimension cognitive-émotionnelle-affective, un type différent de violation des droits de l’humain semble être en jeu: la violation du droit à la continuité psychologique.

En résumé, le droit à la continuité psychologique tend finalement à préserver l’identité personnelle et la cohérence du comportement de l’individu contre les modifications inconsidérées de tiers. Il protège la continuité des pensées, préférences et choix habituels d’une personne en protégeant le fonctionnement neuronal sous-jacent.

Conclusion

Le volume et la variété des applications neuro-technologiques augmentent rapidement dans les contextes cliniques et de recherche. La distribution omniprésente de neuro-applications moins chères, évolutives et faciles à utiliser présente le potentiel d’ouvrir des opportunités sans précédent au niveau de l’interface cerveau-machine et d’intégrer la neuro-technologie dans notre vie quotidienne. Bien que cette tendance technologique puisse générer de nombreux avantages importants pour la société, ses implications pour l’éthique et le droit restent largement inexplorées. Nous soutenons qu’à la lumière de l’incroyable changement survenu dans l’éco-système numérique et lié à la neuro-technologie , , le terrain normatif devrait être préparé de manière urgente pour éviter les utilisations abusives ou néfastes  non intentionnelles. De plus, étant donné le caractère fondamental de la dimension neurocognitive, nous affirmons qu’une telle réponse normative ne devrait pas être exclusivement axée sur le droit de la responsabilité délictuelle, mais également sur des questions fondamentales au niveau  des droits humains.

Cette proposition de droits neuro-spécifiques  de l’humain en réponse aux progrès récents en neuro-technologie est cohérente avec la proposition de développement de droits de l’humain spécifiquement génétiques,  en réponse aux progrès de la génétique et de la génomique, énoncés dans la Déclaration universelle sur les droits de l’humain relatifs au génome humain et aux données génétiques humaines. 

Le droit international  relatif aux  droits de l’humain considère que la liberté de pensée, le droit de ne pas être soumis à l’esclavage,  à la torture ou à des peines ou à des traitements inhumains ou dégradants ne sont soumis à aucune exception et, par conséquent, sont des droits absolus. Les droits absolus ne peuvent être limités pour aucune raison. Aucune circonstance ne justifie une  requalification ou une limitation des droits absolus. Les droits absolus ne peuvent être ni suspendus ni restreints, même pendant un état d’urgence déclaré. Le droit à la liberté cognitive, le droit à la vie privée mentale, le droit à l’intégrité mentale et le droit à la continuité psychologique devraient également être inscrits dans la loi en tant que droits absolus.