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Histoire d’antenne – Des parisiens font le ménage sur les toits.

20 Déc

Ce texte a été transmis par l’association Robin des Toits .

Robin des Toits a soutenu les riverains parisiens qui ont fait enlever les antennes  de téléphonie qui se montaient sur le toit du magasin parisien Le Bon Marché.
On sait que les opérateurs de téléphonie louent les parties de toits qu’ils proposent d’occuper.

Avant l’ère de l’euro, le syndic Franck COULOMBEAU et le Président du conseil d’administration ( surnommé 秃 头 ) de l’immeuble en SCI, 81/79 rue du Faubourg Saint Jacques Paris XIV, avaient accepté l’érection d’une antenne sur  notre  toit.

Le loyer payé par l’opérateur de téléphonie , pour la part revenant à la SCI seulement, était l’équivalent de 10.000 euros actuels par an .
Le contrat proposé , disait, en très petits caractères, que l’opérateur se réservait le droit , sans justification, avec seulement un avis en LAR, de cesser l’utilisation de cette antenne et d’en laisser la structure sur le toit.

La responsabilité de son entretien ou  de son démontage revenait alors à la SCI.
Une campagne d’information généralisée à tout le quartier , avait fait capoter ce projet-là aussi .

dessin du  Canard Enchaîné du 19-12-18

Texte de Robin des Toits , comme suit :

Des opérateurs de téléphonie mobile trop sûrs d’eux se croient tout permis.

L’installation sauvage d’antennes-relais quelques petites semaines avant la parution du Décret n° 2018-1123 du 10 décembre 2018 relatif à l’extension du régime de la déclaration préalable aux projets d’installation d’antennes-relais de radiotéléphonie mobile et à leurs locaux ou installations techniques au titre du code de l’urbanisme pose question même si l’opiniâtreté des riverains a conduit à leur démontage.

Entre le 21 et le 23 octobre derniers, les riverains du grand magasin de luxe Le Bon Marché à Paris ont vu surgir sur l’établissement du groupe LVMH, et à moins de 30 mètres des habitations, plusieurs mâts d’antennes relais, l’une, d’Orange, sur le toit du Bon Marché et l’autre, de Free, sur celui de la Grande Épicerie.

Ayant demandé des explications à la mairie du 7e arrondissement, les riverains ont découvert que la Mairie n’était pas informée du projet d’installation et qu’aucun permis de construire ou déclaration préalable n’avait été déposé, pas plus qu’une demande d’autorisation d’exploitation auprès de l’ANFR. Les opérateurs se sont donc crus tout permis et se sont passés de formalités pourtant encore inscrites, à cette date, dans les différents textes. Ils ont agi au mépris de la loi sur l’urbanisme et, de surcroît, bafoué la Charte parisienne pour la téléphonie mobile ainsi que la loi Abeille de 2015.

Indignés, les riverains, malgré la volonté de la Mairie de Paris, représentée par l’Agence de l’écologie urbaine (AEU), de minimiser l’affaire, ont, grâce à leur opiniâtreté, réussi à faire démonter ces antennes.

Un mois et demi après cette tentative de pose, est paru le décret du 10 décembre. Or ce texte soumet explicitement ces installations au régime de la déclaration préalable de l’article R. 421-9 du Code de l’urbanisme. Eliminant des contraintes (réduction du délai d’instruction préalable et suppression du critère de hauteur, notamment), il simplifie considérablement les formalités liées à l’installation des antennes relais. Après les modifications dues à la loi Elan, les opérateurs ont dorénavant les mains libres. La loi Abeille, qui insupportait, est donc ainsi pratiquement mise au panier.

L’association Robin des Toits rend hommage à l’action des riverains qu’elle a soutenue. Elle continue à condamner le refus de prise en compte des effets sanitaires, pourtant extrêmement bien documentés, liés à la téléphonie mobile. Elle condamne également la déréglementation qui touche le déploiement des antennes-relais, dont le démantèlement de la loi n° 2015-136 du 9 février 2015 relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques, dite loi Abeille.

Elle demande que les pouvoirs publics et les institutions concernées jouent véritablement leur rôle de régulateur et assure la protection de la santé des populations plutôt que de concourir à la course effrénée à des technologies liées au seul profit au détriment de l’humain.